20. déc., 2017

Extrait

"Chaque jour, je lève la tête des dizaines de fois pour regarder le ciel.

Je suis comme une baleine, ou un dauphin: ils ressemblent à des poissons, mais ce sont des mammifères, et ils ont besoin d'air, besoin de remonter à la surface pour respirer. Il doit exister dans le ciel une sorte d'oxygène indispensable à mon âme. Parfois les cieux sont gris et laiteux, et cela apaise mon coeur inquiet. Parfois ils sont d'un bleu tel que cela me remplit d'une joie sans cause. Parfois je reste des heures à contempler le passage des nuages, et je me sens immortel et éternel, partout et nulle part.

Je suis alors moi-même ces nuages, et ce ciel.

 

Comme je suis ce livre. Ce papier qui chuchote sous le passage de tes doigts, ces lettres imprimées qui parlent à tes yeux. Je suis là, et dans les pensées qui traversent ton esprit, il y a aussi, tu le sens bien, un petit peu de moi.

 

Tu es là, toi aussi, dans mon esprit, à l'instant où tu me lis. Quand tu va lever la tête et voir le ciel, ou quand tu vas aller à la fenêtre pour le regarder, ce sera le même ciel que je regarderai. Le même air que nous respirerons. Même planète. Cette nuit, ou la prochaine, mêmes étoies au dessus de nos têtes.(...)

 

Christophe André (Je médite jour après jour)