26. févr., 2015

Pensez-vous que notre crise actuelle nous demande de nous ouvrir à d’autres dimensions ?

"Nous allons actuellement dans le mur dans beaucoup de domaines économique, écologique, religieux…  Nous sommes dans un monde où nous avons épuisé un certain nombre de ressources. La crise est alors ce moment où nous sommes allés au bout de certaines de nos propres capacités et où nous sommes obligés de nous reconnecter à la source, sinon nous nous épuisons. Sans la source de l’existence, il n’y a pas d’existence. Lorsque nous nous éloignons de l’être, de la conscience, de l’amour, nous nous coupons de la vraie force qui nous anime. Nous sommes comme de l’eau coupée de la source qui perd sa fraîcheur et finit par croupir. Le monde actuel est un monde fatigué, épuisé. Et cet épuisement, cet effondrement, nous oblige à revenir à l’essentiel : le lien avec l’être, qui pour beaucoup d’entre nous est perdu. Il me semble que ce que nous recherchons vraiment, parfois sans en être réellement conscients, c’est à retrouver l’être même. Alors, lorsque nous ne prenons plus appui sur nos désirs, nos espoirs, sur nos propres ressources, mais sur quelque chose de beaucoup plus vaste que nous, l’espérance peut naître. Ainsi notre crise est à la fois un épuisement et un renouvellement. Les deux sont là. C’est pour cela que j’aime l’idée de métamorphose."

Jean-Yves Leloup ((dans Inexploré Hors-série n°3 nov. 2014)